vendredi, novembre 16 2018

15 novembre 2018 - Leader d'opinion....

Hier soir une ludochonne dont nous tairons le nom, nous a affirmé qu'elle avait failli renoncer à l'organisation d'un week-end ludochon suite à la lecture de notre dernier billet, de peur de tomber dans le binge-playing, qui est loin de la qualifier puisque ce n'est pas la pratique de l'amateur que nous dénoncions, mais les abus afférents de certains....
Nous voilà, surtout, estomaqués, car non seulement nous découvrons que nos lecteurs ne sont pas uniquement des robots de référencement qui parcourent notre site uniquement par devoir, mais, qui plus est, que parmi les êtres de chair qui pourraient s'aventurer ici, certains pourraient porter suffisamment de crédit à nos billevesées pour les transformer en ligne de conduite....
"- Maverdave !" (Oui un peu de javanais que le verlan a rendu un peu trop daté!) Il va peut-être falloir faire attention à ce qu'on écrit!

Nous voilà donc pourvu du statut de leader d'opinion (enfin à petite échelle) et là immédiatement se pose un petit problème... Ayant consulté rapidement l'état de mon compte en banque, me voilà obligé de me demander si je ne serais en train de tomber pas dans la "mauvaise" catégorie des gourous...

Teotihuacan Teotihuacan - À l'époque les gourous t'arrachaient le coeur, là c'est plutôt les yeux et les neurones... Moins cruel?

En effet, votre serviteur assez iconoclaste pour un vieux croyant a mis en place un classement assez simple des gourous, directeurs de conscience et autres leaders religieux.
Il y a d'une part ceux qui appellent à une transformation personnelle, et si souvent avec celle-ci il y a un appel à l'amour, il y a souvent aussi des "sacrifices" (théoriquement librement consentis) pour se conformer à une morale plus ou moins stricte. Ce type de leader, qui est d'ordinaire un brin intransigeant, finit d'ordinaire dans une situation assez inconfortable (soit asphyxié sur une croix, soit à se momifier vivant, soit à manger des fruits laxatifs dans le dénuement ou soit une lame dans le ventre pour ceux qui sont pour le dépassement guerrier et autres rigolades sur le thème de l'âme de la lame)...
Par ailleurs, il y a le second type de gourou, qui prêche grosso modo la même chose mais qui applique souvent, à son endroit, au minimum une certaine mansuétude, qui fait que s'il ne renonce pas aux vierges prévues pour l'au-delà (ce qui finalement est assez sordide), il préfère les rencontrer dans cette existence et si possible dans un certain confort matériel (ce qui est là carrément sordide)...

Bref en tant que fidèle, ou représentant de la brigade des moeurs, le choix se discute assez peu, mais comme gourou putatif, je me vois peu finir dans la première catégorie à manger des cafards dans une caverne ! Vu que, ces chroniques ne nous rapportent rien, il nous faut sortir de ce dilemme au plus vite et, nous vous interdisons donc immédiatement de prendre au sérieux ces billets et nous pousserons un vibrant POPOPOP (POchades POtaches POPulaires ) qui qualifiera dorénavant nos billets...

Eco-links Eco-links - Le gourou t'a dit, "il faut construire un chemin de vie"... Ouais, bah, pas si facile !

Il est donc aussi temps de dénoncer toutes les absurdités que certains d'entre vous, par mégarde, auraient pu prendre au sérieux...

  • par exemple, si votre serviteur s'amuse d'ordinaire à asticoter Noémie ce n'est que par jeu, mais si elle prend cela au sérieux notre serviteur doit être nanti d'un sévère statut de sale type.... Bon ce n'est pas faux mais là ce n'est pas pour les bonnes raisons !
  • regardons le sympathique John, à lire nos chroniques on se dit qu'il faudrait bannir tous les anglais et raser l'Angleterre, et si possible la passer au dessous du niveau de la mer... Bon évidemment ce... Oui... bon... Ce n'est peut-être pas un bon exemple.
  • Regardons, continuons sur le thème de l'éradication, avec les bretons... Ouais, en fait, ce n'est pas bête....
  • Nous vous avions recommandé de ne pas lécher vos meeples... Euh, pas idiot non plus..
  • On vous a recommandé de jouer à tous vos jeux.... Ouais, là, encore pas idiot...
  • De respecter les joueuses.... De nos jours, ça devient aussi une bonne idée (ce que cela aurait toujours dû être) !
  • On a même tenté de réhabiliter le boulet... A ce stade vu qu'on a pris les femmes !... Pourquoi pas..
  • On a même fait l'apologie du juron ! "à=&%* en fait t'es un *$@&€ de génie !


Contre toute attente, ce site fournit peut-être bien de bons conseils de vie, ce qui était le contraire de ce que nous voulions démontrer, mais, le gourou sait manier le paradoxe et retomber sur ses pieds (ce en quoi il diffère de la tartine beurrée qui n'a pas de pieds)....
Conclusion : si vous persistez à faire du rédacteur un leader charismatique, celui-ci demande à être surclassé et à passer dans la catégorie "business class" du gourou, et il songe donc à faire d'Éric son grand disciple et le responsable de la perception des oboles (*)!

Sérieusement? Sérieusement, hier, suite du déballage post-essen avec de nombreux nouveaux jeux, tous plus beaux ou intéressants les uns que les autres...


(*) des parties de Keyflower régulièrement. Key flow Key flow - Quand le gourou n'arrive plus à faire jouer à Keyflower.... Variante !


Les jeux

  • Carpe Diem (S. Feld chez Alea)
  • Detecttive club (Oleksandr Nevskiy chez Igames)
  • Dice hospital (S. Kordonskiy et M. Nudd chez Alley Cat Games)
  • Eco-Links ( Günter Burkhardt chez Korea Boardgames co., Ltd. )
  • Key flow (Richard Breese, Sebastian Bleasdale et Ian Vincent chez R&D games)
  • Franchise (Christwart Conrad chez Queen games)
  • Gizmos (Phil Walker-Harding chez Asmodée)
  • Pandemic : Montées des eaux (M. Leacock & J. Doumen chez Z-man games)
  • Spring meadow (U. Rosenberg chez Pegasus Spiele)
  • Teotihuacan : La Cité des Dieux (D. Tascini & D. Turczi chez Pixie games)
  • Terraforming Mars (Jacob Fryxelius chez Fryxgames) + une extensiont (je ne sais plus j'ai grillé la photo ;-/ )
  • Warhammer 40.000 (chez Games Workshop)

Les joueurs

  • Cyril, David et Éric à creuser des canaux
  • Bertrand et Yoann cercle des joueurs assidus
  • Manu, Noémie, Olivier et Philippe dans le flow
  • Antonio, Vincent (Possom), Vincetn (bibou) et Suzel méso-américains
  • Guillaume, Jori, Raphaël et (je ne sais plus j'ai grillé la photo ;-/ ) sur Mars
  • Cécile, Magali et Zaggus pas flushing (j'ai honte!)
  • John, Rafaella et une invitée dans ue galaxie loin du jeu de plateau :-)
  • Jean-Jacques, Manu le jeune, et (je ne sais plus j'ai grillé la photo ;-/ ) dans le commerce


Gizmos Gizmos - ne pas perdre la boule disait le gourou !

samedi, novembre 10 2018

Essen 2018 - le compte-rendu de Jean-Jacques

1ère virée ludique en terre allemande

Essen.... Essen... E-SSEN !

Située dans la partie centrale du bassin de la Rhur, elle est la 9ème plus grande ville d'Allemagne par sa population (près de 600 000 habitants) et renommée pour avoir été l'un des plus importants centres de production sidérurgique d'Allemagne, avec à sa barre la famille KRUPP, de père en fils, du début du 19ème au milieu du siècle dernier (dynastie retracée dans le musée attenant à la Villa Hugel, un château situé à Bredeney, aujourd'hui intégré à Essen).

Essen recèle pour centres d'intérêt outre le Musée Folkwang (et sa collection d'art contemporain, l'une des plus importantes d'Europe) le Parc des Expositions, baptisé Messe, hôte d'environ 50 foires commerciales annuelles dont notre Spiel, que seul l'Essen Motor Show parvient à détrôner ! C'est LA destination su-pra ma-gi-que, le Las Vegas pour tout amoureux de jeu sans mise numéraire ! Le Salon du jeu avec un "S" majuscule, de dimension internationale et sans commune mesure, si on banni, sempiternel Esprit "Europe" oblige, son cousin outre-Atlantique, la Gen Con d'Indianapolis.

Ce bastion de pélerinage semble vouloir intimider tout passionné empruntant son accès côté sud en imposant fièrement sa proue recouverte d'écailles en verre, ses 4 tourelles réparties équitablement à babord et à tribord, et sa monumentale passerelle de navigation impossible à masquer.

Porteur de mes doigts et neurones à peine âgé de 22 mois de pratique de jeux stratégiques, j'allais pénétrer religieusement l'enceinte de ce Temple moderne, ce 24 octobre 2018, Jour J-1. A l'instar des Rois Mages, nous étions Zaggus, Raphael et moi, en avance sur les lendemains incessants en flux de visiteurs informés de cette Nouvelle Ludique ! Je me laisse bien sûr guidé par mes comparses avisés pour y rejoindre Coyote (sans amalgame avec l'Enfant Divin !) en empruntant à pied l'accès réservé aux livraisons, au nez et à la barbe d'un service de sécurité "étrangement" inerte dans ce contexte lancinant de risques d'attentat(s) ! Le gros de la délégation ludochonne est encore à l'aéroport de St Exupéry dans l'attente de leur embarquement...

Nous faisons irruption au beau milieu d'une effervescente fourmilière humaine, où chacun s'active à rendre cette fête la plus attractive et réussie possible. Mes papilles gustatives se mettent en branle en décryptant les étals des stands longés (je saliverai item devant un plaisant plat gastronomique !), alimentés par des trésors de tous formats et coloris extraits de cartons, qui une fois évidés, sont jetés sans ménagement à même le sol des allées. En les chevauchant, je fais brièvement un parallèle avec la récente requête de l'Orque pour son fils... Nous nous frayons un passage dans l'incessant brouhaha nourri conjointement par les manoeuvres des transpalettes. Le "I have a dream" devient réalité ! La dimension de l'événement prend littéralement forme sous nos yeux pré-adolescents : les enseignes prestigieuses, les tables de joueurs et les panneaux publicitaires figent cette espace de récréation, comme étant, de notoriété connue, la croisée des chemins des éditeurs/auteurs de jeu et des fervents aficionados. La joute commerciale est engagée et elle est indubitablement SON leitmotiv, en atteste les impressionnantes colonnes de boîtes de jeux en multiples exemplaires, confectionnées ici et là. Pensons, pauvres pêcheurs que nous sommes, à ne pas dépasser l'autorisation de découvert bancaire, parce qu'ici tout est fignoler pour nous tenter et laisser s'exprimer, sans chiffrer pas à pas son coût, notre passion effrénée !

Aux Halls 2 et 1, déjà en quête des bonnes affaires, je repère chez un grossiste "Forum Trajanum" à 40 (au lieu des 50 annoncés chez Huch) et à Galeria, "Carpe Diem" et "Armada" à 24 au lieu des 30 et 34 des éditeurs. Matérialisant évidemment cette économie non négligeable pour ma tirelire, ces premières acquisitions valideront imméditament en consistance mon séjour...
Entre temps, la nouvelle tombe : le 1er vol est annulé pour une fournée de nos membres. Pas de quoi planer incidemment (chouette, les appartements rien que pour nous !), mais nos esprits fertiles et solidaires se prêtent de suite à un calcul de trajet si l'issue salutaire version "autoroutière" venait à poindre. Au bas mot, une arrivée ici, et sans encombre, serait "jouable" pour 1 heure du matin !
Toujours sur place, le coyote me présente "le filet" à faible portée pédestre de Galeria. Bien que rien ne transpire encore des coups à faire dans ce local de 10 mètres sur 4, nous décidons de faire le pied de grue devant l'entrée dès le lendemain pour 9 h (son heure d'ouverture coïncidant avec celles des portes d'accès du public, à 10 h, il faudra donc prendre son potentiel "pied" en patience).

Quittons le repaire des festivités à venir pour assouvir notre appêtit dans la zone commerciale d'Oberhausen. La première épreuve pour moi : "Unlock" la carte des menus rédigé intégralement en allemand, moi qui suis inculte en langue germanique ! La prochaine fois, je me munierai d'un petit dico pour identifier le boeuf, du mouton et du poulet, et autres termes basiques ! Ah oui ! Surtout, sur-tout, n'écoutez pas les conseils de nos pairs ! Je sais, un flic qui dénature la crédibilité de ses "indics", ça la fout mal ! Pourtant, là, j'ai bien senti le piège vaseux d'une certaine salade... sûrement un plat pour petits moineaux, vu les sourires naissants qui marquaient leurs (viles) paroles ! Et puis m...e ! Tant pis pour l'intégrité professionnelle, je balance sous formes d'énigmes les sournois : l'un hurle à la mort sous la lune et le second vient juste après Zig !
Après avoir partagé un festin de viandes et absorbé sans difficulté l'incontournable pinte de bière, nous intégrons l'un des 3 appartements agencés sur plusieurs niveaux d'un même immeuble, face à une supérette, en attente des 8 autres lurons acheminés par voie aérienne... enfin avec succès. Les retrouvailles se déroulent, au cours desquelles je fais connaissance d'une nouvelle tête, Faouzi, puis chacun prend possession de sa literie après quelques échanges courtois ...

Premier jour, et il sera identique aux suivants tant par la fréquentation du site très importante (vacances scolaires simultanées en Allemagne) que par nos réguliers diners à l'extérieur.

Essen est un "Heroquest" grandeur nature où chaque pièce explorée dévoile ses trésors, ses pièges (financiers) mais aussi de vilains orcs prêts à tout... pour s'installer à une table de jeux par exemple. Avec pour seule arme mon sourire, dévalué par ma carence linguistique, je suis bien en peine pour m'imposer... D'ailleurs, je lâche une anecdote qui pourrait mettre à mal le travail de longue haleine de nos successifs dirigeants politiques qui s'évertuent à asseoir une entente fraternelle entre nos 2 pays (ennemis lors d'échaffourées en 1870-71, en 1914-18 et en 1939-45) : la scène se déroule sous les yeux de notre Coyote isérois, dans cet espace confiné surnommé le Filet, un lieu amical de prime abord, prétendument réservé aux bons coups à faire ! Certains y pratiquent un jeu puéril, celui de jouer de la force que procure le nombre face à l'individu esseulé... Mon intérêt s'étant focalisé sur la boîte "Signorie", je me dirige d'un pas décidé vers la caisse de gauche, où la file indienne restreinte est en mouvement perpétuel. Le couple devant moi, la soixantaine et les bras surchargés, se déleste de leur "butin" sur un coin du comptoir, et part s'enquérir de complémentaires provisions de meeples et autres supports. Au bout de 4 voire 5 minutes, je suis harangué par ce même couple. S'exprimant à moi en allemand, mais par gestes et usant d'un ton sans équivoque, je devine qu'il m'accuse de leur avoir chiper leur place ! Je rétorque en anglais en vain, et là, sûrement un adepte de la tactique culte "la tenaille" du sergent-chef Chaudard ("Mais où est donc passé la 7ème compagnie" Robert Lamoureux – 1973), voilà qu'un ressortissant local juste devant moi, vient soutenir verbalement ses compatriotes ! S'ensuit une première légère bousculade et la saisie de MA boîte Signorie (posée au préalable à hauteur de la brune caissière) par le prototype mâle dudit couple précité. Son bras droit dessine dans la foulée un geste circulaire tendant vers l'extérieur comme si son intention impulsive est de la balancer au milieu de la pièce. "Le fou !" me suis-je dit ! Il a néanmoins la présence d'esprit de la conserver et éviter ainsi mon coup frontal à la manière de Lucas, le repris de justice incarné par Depardieu ("Les fugitifs" de Francis Weber – 1986). Lol. Forcé de me décaler pour retrouver la jouissance de l'objet soustrait, un duel de tiraillements s'engage au cours duquel ils resserrent les rangs. L'esprit rebelle étant ma marque de fabrique, j'use de mes bras à l'instar d'un pied de biche pour faire sauter l'entrée verrouillée de leur bunker. Enième bousculade... mais l'objectif fixé est atteint : Signorie revient triomphalement sur la scène du comptoir pour le dernier acte ! La caissière en acceptant ma carte bleue tendue ne cédera pas au chantage verbal que leur adresse ces 3 éduqués à la louche. Cette "prouesse" me vaut de leur part une très longue tirade englobant "franzosischen" qui, je le devine, ne véhicule aucun élan d'amour à mon encontre. Aucun incident diplomatique ultérieur n'est recensé et, que se rassure notre doué joueur Raphael, l'Alsace et la Lorraine resteront françaises !

J'ai usé du terme Orc, sans une once de mépris à l'égard des autres visiteurs, bien sûr. Parmi eux, certains étaient déguisés, d'autres détenteurs d'un contenant (à roulette ou pas, à bretelles comme le "bruxellois") pour y empiler leurs nombreux achats. Les stands ne manquaient pas non plus d'idées pour épicer, optimiser leur temps de présence dans ce parc des expositions. L'un en faisant pavaner leurs hotesses en soubrette (Nelly tu t'en tires bien en ayant un contrat chez un autre éditeur !). Pas d'effet hormonal sur ma personne comme quoi le costume ne fait pas tout ! Lol. Le plus original fut le stand animé par un disc-jockey pour séduire le public et vider leurs stocks de.... Scrabble !

Autre scène de théâtre, elle se joue à l'extérieur sur Alfredstrass, dans le restaurant le Kara-wane, sis à 400 mètres de notre lieu de dévotion. Nous nous rabatons sur ce lieu faisant la part belle à la cuisine libanaise, au vu du nombre que nous sommes et la fréquentation très importante des tables gastronomiques des alentours en ce samedi. Et puis, pourquoi ne pas varier les plaisirs de nos sens ? Ce n'est pas l'épicurien que je suis qui viendrait s'en plaindre ! Les dimensions de la table qui nous est allouée sont réduites et la lumière, de cette petite salle annexe faisant face à l'entrée, tamisée. La commande de bières faite dans la foulée, ma lecture cognitive des 2 hôtes les divise instinctivement en ces termes : l'aimable et le grincheux, le deuxième étant celui démuni de la fibre du contact de la clientèle. Je pressentais venir "la c.... dans le potage", la parodie d'émission de télévision culinaire animée par Yvonne de Brouckère et Pierre-François ! Quoi qu'il en soit, la maigre disparité de nos commandes, à savoir un unique plat pour les affamés du côté gauche (bien m'en a pris de laisser les copains glisser sur la banquette vers le côté opposé) et celle d'une entrée commune pour agrémenter le plat chaud pour ceux de droite, créera la zizanie dans l'organisation de nos instances culinaires. La grimace de l'un et le sourire de l'autre ponctueront invariablement les différents actes de notre soirée jusqu'à ce que l'aigri lunatique débarrasse notre table de tous ses couverts. Le hic, c'est que nos Ludochons de droite n'avaient pas encore été alimentés de leur plat chaud ! Faisant louablement preuve de retenue quant à notre amère surprise commune, le malaise s'installe parmi nous au même titre qu'un ras-le-bol typiquement français, originaires quand même du Pays de la Gastronomie ! Nourri, si je peux m'exprimer de la sorte, d'un sentiment d'abandon, nous restons impassibles... Si J.R. Tolkien est réputé mondialement pour son anneau magique, Suzel l'est, et heureusement que très très localement, pour son majeur phallique. La rime est là, certes, mais son savoir-vivre aussi ! Se maitrisant gestuellement pour exprimer posément et exclusivement son mécontentement dans un anglais un peu approximatif pour désigner fourchettes et couteaux à l'aimable émissaire, choisi (non aléatoirement) par le tenancier, elle l'éconduit alors porteur d'un premier plat, après près d'une heure d'attente. Suzel au centre de nous tous réunis à une seule même table, avec un, voire deux doigts levés vers le ciel, je vous laisse imaginer la Cène ! Nous honorerons des factures de belle amplitude, à la hauteur respective du contenu absorbé, ce soir-là.

Concernant cet évènement attendu avec beaucoup d'impatience et auquel je m'étais préparé (en traduisant notamment un certain nombre de règles), j'avoue avoir exprimé ma déception à l'instant T auprès de l'auditoire local. Avec du recul, ma réflexion porte à croire que j'ai négligé quelques éléments clés propres à Essen. Je les liste pour ceux qui n'ont pas encore foulé ce chaudron.

Points négatifs

  • L'incommensurable quantité de données distillées ici et là en parcourant, sur une période de 4 jours et demi, inlassablement les 80 000 m², à maintes reprises en long et en large. Cette boulimie passionnelle a suscité une saturation, un ras-le-bol tant il y a de stands et exponentiellement de jeux à observer et jauger.
  • L'afflux de visiteurs et l'absence de lieux de repos (présence effective et quotidienne, debout, de 9 h à 19 h) et la très faible quantité de tables de jeux, créant insidieusement une frustration, la mienne. Certains mettent en place le système archaique de la feuille d'inscription posée à 10 h pour résever l'une de leurs tables de jeux pour la journée en cours.
  • La disparité de la mise en valeur des salles : une luminosté qui comble les salles 1 à 3 (grandes enseignes) et la 6 alors que les salles 4 et 5 sont plus opaques. Effets voulus ?
  • L'absence de cohérence dans les thématiques. La salle 6 est l'exception (figurines et plateaux liés – Warhammer etc + plusieurs kickstarters avant l'heure en démonstration).
  • Difficultés liées à la langue et capharneum ambiant. En se cantonnant à l'anglais, il est souvent massacré rendant cruel tout essai de perception des mécanismes et subtilités des jeux. Cas plus rare, Blackout, parfaitement maitrisé mais parlé avec haut débit, j'ai perdu pied à 3 reprises. J'ai laissé ma place... Cas encore extrême, en français cette fois, Raiatea ! Mag, l'Orque, Suzel et moi n'avons pas été informé des critères qui déterminent le vainqueur de la partie...
  • Hors sujet, certes, mais je le range ici. C'est Smeets, une boisson belge (Peer dans le Limburg) que le Coyote a acquis au Luxembourg. Sous ses effets odorants de sirop contre la toux, se cache un ennemi redoutable pour la réflexion ludique lorsqu'elle est consommée en fin de soirée. Raphael et Serge l'ont appris à leurs dépens lorsqu'ils ont voulu m'expliquer les règles d'un jeu simple...

Points positifs

La complexité réside à trouver le juste milieu pour ne pas chavirer ci-dessus.

  • L'abondance des jeux et la possibilité de juger de leur beauté, de leur sophistication, du rapport qualité-prix, des mécanismes...En un mot, repérer, à défaut d'acquérir sur le champ.
  • Les démos et la primauté du public sur une floppée de jeux.
  • Les prix (Galeria, le Filet et les stands grossistes)
  • Les enseignes et la mise en valeur de leurs stands.
  • Les Ludochons hors contexte berjallien et celui estival de Valmeinier. Toutefois, et là réside ma principale erreur c'est d'avoir naviguer en eaux étrangères, seul, en voulant découvrir, jouer. J'aurais du me rallier aux rendez-vous des 15-17 heures pour annihiler quelques unes des difficultés relatées.

A y regarder de près, le bilan penche, pour moi, davantage du côté sombre. Toutefois, avec lucidité, Essen est un évènement incontournable. Bien que piqué dans le feu de l'action par un manque de parties engrangées, j'y retournerai parce qu'Essen est un jeu coopératif qui mérite une revanche.

Sélection de Jeux : note 1 à 5

Ceux essayés et expliqués

Atlantis, island of gods (2) – Catalyst (3) – Dicetopia (trop simple, 2) - Dice Hospital (3, aurait pu avoir + s'il y avait + d'interactivité entre les joueurs) – Gugong (pas accroché) – Papua (jeu sympa avec lancer de dés et combos de cartes) – Raiatea (?) – Realm of sand (4) – Trappist one (jeu de cartes, répétitif, 2)

Ceux expliqués

1906 San Francisco (2) - Bastille (3) – Blackout (4) - Ceylon (3) - Dojima (4) – Franchise (4) - Glory (2) – Kingdom defenders (3) – Magnastorm (4) - Monster lands (4) – Reich busters (kickstarter au 20 novembre, très bon coopératif like zombicide avec de très bonnes idées, 4 voire 5) - The brigade (2)

Ceux cumulant l'aspect beauté du matériel, mécanismes et réactions des joueurs

Coimbra - Concordia Venus - Teotihuacan – Tudor - Underwater cities - Valparaiso

Acquis du côté des nouveautés Essen

Armada, Carpe diem, Dojima, Forum trajanum, Franchise, Realm of sand, Teotihuacan,

vendredi, novembre 9 2018

8 novembre 2018 - No binge playing , please !

Pas de "Binge playing" vous dis-je !
Qu'est ce que le binge playing demanderont les âmes innocentes ou les contempteurs d'un franglais globish-isant... Et bien, c'est un comportement que nous décririons par analogie au binge drinking et surtout au binge-watching... Ca ne vous avance pas ? Bon, expliquons...

Qu'est ce que le Binge-drinking ? Et bien cela pourrait être le comportement d'un adolescent qui décide, avec ses "amis", de dégommer à grand vitesse la collection familiale, patiemment acquise, de whiskys rares, en un temps record et, pour faciliter les choses de les couper avec un soda de marque distributeur et pour rendre le challenge plus amusant, de tabasco (par exemple)... Cette pratique vous permet juste habituellement de repérer les "génies", (et par voie de conséquence de vous inquiéter sur le "Qui va payer votre future retraite"), de redécorer votre intérieur, voire au pire et trop souvent de visiter les urgences.
Pour faire court cela ne permet pas vraiment de mettre en valeur le travail des producteurs et de repérer les esthètes ...


Blackout Blackout - un design post binge drinking... Avec des couleurs qui ne font vraiment pas mal aux yeux...

Le binge-watching c'est un peu pareil mais avec des films et surtout des séries... Cela consiste d'ordinaire a se faire l'intégralité d'une série en un temps record, si possible le jour de sa sortie quitte à s'endormir devant certains passages ou, dernière tendance à la regarder en "accéléré"... Métaphoriquement, cela revient, un peu, à "chier dans les bottes", du décorateur, du monteur, des preneurs de son et des éditeurs, souvent du scénariste et à coup sur du réalisateur...
À quoi rime cet étron comportemental ? Et bien au mieux à ne pas être "spoilé", bien que curieusement, une telle pratique devrait plutôt laisser un sentiment poisseux, ou de pouvoir être le premier à laisser un message sur internet qui tient d'ordinaire soit du
"- un peu déçu , je trouve que la psychologie des personnages n'a pas été assez développée" (Tu m'étonnes en vitesse x3!)
ou du non moins classique
"- c'est la série du siècle" proféré par un "millennial" qui n'a pas vu le précédent (siècle) et sûrement assez peu de séries en fait. (mais quand même l'intégrale de Docteur Who en 27 minutes ! Parce qu'en fait les Daleks, c'est toujours un peu pareil)
Le tout permettant d'obtenir un maximum de "like" et d'enrichir votre dossier chez Cambridge Analytica.

Bref le binge-playing c'est un peu pareil et c'est souvent ce qui nous frappe dans la période post-Essen, où on vit à la fois dans l'expectative, la fièvre et dans les discussions autour des premières découvertes...
Bien sûr, chez les ludochons, nous qui sommes de grands enfants nous cédons parfois un peu à cet enthousiasme, qui nous permet d'ouvrir de beaux paquets avec ardeur mais aussi d'être touché par des jeux plus modestes qui par analogie nous rappellent un peu les cadeaux de tantine Léontine, souvent peu enthousiasmants mais que vous regardez encore avec tendresse ne serait-ce que parce que vous avez vu avec quel soin et amour, ils ont été empaquetés dans un papier à la couleur improbable et plus sûrement d'une autre décennie... Voilà Essen, c'est un peu l'Avent et le Noël du joueur....

Ouiap, mais sur internet, il ne faut pas déconner, faut plier tout ça en 10 jours chrono ! Histoire de faire les listes pour Noël, je suppose... Bref, on voit ici ou là des analyses savantes sur la rejouabilité infinie d'un jeu qu'on devine.... après une partie, ou des fous furieux qui après 15 parties dans la nuit (je suppose qu'ils portent des couches et qu'ils se shootent au café pour ne pas perdre une seconde), vous livrent des guides stratégiques qui vous feront perdre le plaisir de la découverte, mais... qu'on va lire quand même... Allez comprendre!

Between 2 castles BTCOMKL - GA des Jahres 2018 (Größte Abkürzung) ;-)

Parfois face à cette fièvre, il est bon de retrouver le rythme lent et hebdomadaire des ludochons... Essen cela va nous prendre un ou deux mois, cela va nous permettre, grâce aux nouveautés de mixer (un peu) les tables, d'être surpris, de rater une table (Pardon, Nelly!) de remettre cela à plus tard, la semaine prochaine ou la suivante, on verra,... de revoir notre avis sur certains auteurs, d'en découvrir de nouveaux et de jouer encore... Doucement...
Doucement... En sirotant chaque jeu comme un vieil alcool (un armagnac chatoyant par exemple *).

  • à consommer avec modération, tout ça, tout ça...

Les jeux

  • Atlantis (Leo Colovini chez Amigo)
  • Azul : Les Vitraux de Sintra (Michael Kiesling chez Next Move)
  • Between Two Castles of Mad King Ludwig (Matthew O'Malley, Ben Rosset chez Béziers Games)
  • Blackout Hong Kong (Alexander Pfister chez eggertspiele)
  • Bubblee Pop (Gregory Oliver, Bankiiiz Editions)
  • Gùgōng Deluxe edition (Andreas Steding chez Game Brewer)
  • Horreur à Arkham JCE (Chez FFG)
  • Imaginarium (B. Cathala et F. Sirieix chez Bombyx )
  • Zen Master (Reiner Knizia chez HELVETIQ)
  • Un filer dont j'ai oublié le nom au début avec l'aff, vincent etc..


Gugong Gùgōng - surabondance "de luxe"...

Les joueurs

  • Antonio, Cédric, Frédéric, Guillaume et Manu le jeune,
  • Éric, Jean-Jacques, Raphaël et Vincent (Bibou)
  • Rodney, Stéphane (l'aff) et madame
  • Bertrand, David, Manu le chenu et Vincent (Possom)
  • Elsa, John, Nelly et Noémie
  • Alain, Cécile, Christophe, Marie, Magali, Olivier, et Philippe


Azul Sintra Azul : Les Vitraux de Sintra - proche mais différent

- page 1 de 189

Les ludochons : le club des joueurs et joueuses de jeux de société / jeux de plateau
sur Bourgoin-Jallieu et le Nord-Isère